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grandeetpetitehistoire
Description du blog :
Articles, commentaires, anecdotes et divers concernant l'histoire, sous toutes ses formes.
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
13.11.2009
Dernière mise à jour :
13.11.2009

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Publié le 13/11/2009 à 14:02 par grandeetpetitehistoire

Aujourd'hui, 13 novembre 2009, nous créons ce nouveau blog.

Il sera destiné à l'Histoire, la grande et la petite, et recueillera divers articles sur le sujet.

Bien évidemment, vos commentaires seront les bienvenus.

N'hésitez pas à nous soumettre des idées.

Cordialement.

Le Webmaster.

La première mission de Jehanne

Publié le 13/11/2009 à 14:16 par grandeetpetitehistoire

 

LA PREMIERE MISSION DE JEHANNE

Le convoi de ravitaillement arrivé à Orléans, avec Jehanne la Pucelle, le 29 avril 1429.

 

Avril 1429 - Orléans est assiégée depuis octobre 1428 par les troupes anglo-normandes et bourguignones.

 

Jehanne, considérée alors comme chevalier, part de Blois avec sa petite troupe, accompagnée d'une armée et escortant un convoi de ravitaillement en armes, munitions et nourriture.

A Chécy, près d'Orléans, le vent devenu favorable, des bateaux purent y monter, que l'on affréta afin qu'ils redescendent vers la ville, chargés en particulier de blé.

 

Quant à Jehanne, elle fit son entrée solennelle vers 20 heures, au soir du 29 avril 1429, et fut accueillie avec enthousiasme par la population.

Avec elle, devaient suivre les armes, les munitions, les canons, et une partie des vivres venus de Blois. Le blé, lui, transita donc par un chaland.

 

Tandis que Jehanne prenait gîte chez Jacques BOUCHER, trésorier du duc d'Orléans, les responsables de la cité décidèrent de reporter au lendemain le déchargement et le stockage du contenu du chaland.

 

Jehan le CAMUS trouva quatre hommes qui passèrent la nuit sur l'embarcation, pour ne pas la laisser sans surveillance, au cas d'un raid anglais, et aussi pour éviter que de mauvais drôles ne viennent se servir.

L'un des notables, Guiot BOILEVE, proposa de louer son grenier pour y entreposer la plus grande partie de la cargaison. Comme tout n'y tiendrait pas, Gilet GUERET traita de gré à gré pour la location du sien, plus petit semble-t-il, afin d'accueillir le reste.

Au matin du 30 avril, sous le surveillance du sergent Colin NOLET et du notaire Jehan CASEAU, des hommes réquisitionnés par Jehan le CAMUS, vidèrent le contenu du chaland, montèrent les sacs de blé près de la porte Bourgogne, et aidèrent au chargement dans des chariots qui y avaient été amenés, pour le transfert en ville vers les deux greniers.

 

Les hommes de Jacquet COMPAING, Charlot L'HUILLIER, Guillot TOËT (24 porteurs pour ce dernier) s'affairent au chargement des véhicules, et sur le dos de ceux qui transportent des sacs à dos d'homme.

Charlot a même fait venir une femme, afin de recoudre les sacs qui pourraient être déchirés ou percés.

Les voituriers sont prêts à partir : Colin GALLIER avec 8 charrettes, Bernard du PUY qui fera trois voyages avec la sienne, et un certain CASEAU (famille du notaire ?) qui en fera deux, et le "varlet" (sorte d'appariteur) de la paroisse Saint-Marc, tout près de là, qui fera aussi trois voyages.

 

Raoulet de RECOURT, Fouquet ROSE et quelques autres avaient été placés en divers endroits, le long des rues, sur le passage des convois, afin de noter les rotations, s'assurant ainsi du nombre des sacs et qu'ils ne dérivaient pas du chemin prévu. Le blé fut ainsi mis en sûreté dans les deux greniers prévus.

 

Il fallut ensuite le mesurer. Le notaire Jehan CAILLY y vaqua plusieurs journées, accompagné entre autres de Pierre NOVION qui, lui, y passa douze jours. Est-ce à dire que le stock entreposé était important ?! (dans ce nombre de jours est probablement compris aussi le temps passé pour la distribution.)

Guiot BOILLEVE dut loger et nourrir chez lui certains de ceux qui firent le travail, tels que Jehan MORCHOASME, Jehan MARTIN, le notaire CAILLY et quelques autres, car il reçut 4 sols parisis pour sa dépense.

Cette opération a dû mobiliser une soixantaine de personnes, que la ville paya ou fit payer.

 

Au vu du nombre de charretées, on peut estimer que de sont entre 1.500 et 2.000 sacs de blé qui arrivèrent ce jour-là, nombre important, si cette estimation est correcte.

Les Orléanais purent ainsi fabriquer le pain qui leur manquait.

Les registres de la cité font mention de l'arrivage du blé et de l'entrée dans la ville, ainsi que des sommes payées ou remboursées aux protagonistes.

Presque six siècles après, il est émouvant de connaître les noms de ces gens, qui passent ainsi un peu à la postérité.

 

Extrait des comptes de la ville

 

1° Blé du 29 avril amené par bateau :

 

- A Jehan Le CAMUS, pour bailler à quatre hommes qui couchèrent au chalan au blé la nuit que on l'amena : 8 sous parisis.

- A Jehan Le CAMUS, pour bailler à certains compaignons qui apportèrent le blé du chalan à la porte Bourgoigne et qui aidièrent à charges les voittures : 12 sous parisis.

- A Colin NOLET, sergent, et Jehan CASEAU, nottaire, pour leur sallaire d'avoir faict informacion, pour la ville, du blé emblé (pris) au chalan : 44 sous parisis.

2° Louage de greniers pour recevoir le blé :

 

- A Gilet GUERET, pour le louaige de son grenier où a esté mis et distribué partie du blé amené de Bloiz, aux deux fois, par composition faicte avec luy : 64 sous parisis.

- A Guiot BOILLEVE, pour le louaige de son grenier où a esté mis la plus grant partie du blé de la ville et mesuré : 4 livres parisis.

 

3° Portage de ce blé :

 

- A Jehan Le CAMUS, pour paier deux hommes qui ont aidié à porter le blé derrenièrement amené : 4 sous 7 deniers parisis.

- A Jacquet COMPAING, pour bailler aux porteurs de la porte Bourgoigne, pour ce qu'ilz aidièrent à descharger les bléz qui derrenièrement furent amenés en ceste ville : 16 sous parisis.

- A Charlot L'HUILLIER, pour despence faicte en chargeant ledit blé à la porte Bourgoigne, et pour une femme qui couzait les poiches qui estoient despecées : 2 sous 8 deniers parisis.

- A Guillot TOËT, pour le sallaire de luy et de 24 porteurs qui ont porté le blé de la ville, de la porte Bourgoigne en grenier, par marchié faict avec eulx : 7 livres 4 sous parisis.

 

4° Transport par voitures :

 

- A Colin GALLIER, pour huict voictures de ses chevaulx et charrette d'avoir mené de la porte Bourgoigne en l'ostel de Guiot BOILLEVE partie du blé de la ville naguières amenés de Bloiz; à 16 deniers parisis la voitture, valent 10 sous 8 deniers parisis : 10 sous 8 deniers parisis.

- A Bernard du PUY, voicturier, pour trois arres(*) de sa voicture à amener ledit blé : 4 sous parisis.

- A CASEAU, pour arres(*) de semblable cause : 2 sols 8 deniers parisis.

- A Jehan Le CAMUS, pour bailler au varlet de Sainct-Marc pour trois arres (*) pour semblable cause : 4 sous parisis.

 

(*) arres ou arroy = du mot latin "arraiare" : harnacher un cheval. On peut dire ici chargement, charretée.

 

5° Contrôle du chargement :

 

- A Raoulet de RECOURT, pour despence faicte par luy, Fouquet ROSE et aultres, qui tailloient (marquaient sur des tailles, ou registres) les arres dudit blé au long des rues : 4 sous parisis.

 

6° Mesurage du blé dans les greniers:

 

- A Pierre NOVION, pour son sallaire de douze journées qu'il a vacquées à mesurer le blé de la ville, à 4 sous parisis par jour, valent : 48 sous parisis.

- A Jehan CAILLY, nottaire, pour plusieurs journées d'avoir vacqué à mesurer le blé : 6 livres parisis.

- A Guiot BOILLEVE, pour despence faicte en son ostel quand on mesura le blé, par Jehan MORCHOASME, Jehan MARTIN, Jehan CAILLY et aultres : 4 sous parisis.

 

Voilà pour cet arrivage.

Un autre convoi, venu aussi de Blois, arrivera à Orléans le 4 mai suivant. Pour celui-ci, on trouve, s'y rattachant, la mention suivante :

 

"Item, payé à Jehan de La RUE, pour despence faicte en son ostel par les nottoniers (bateliers) qui amenèrent les blés qui furent amenés de Bloiz le 4è jour de may : 13 livres 13 sous parisis."

(mandement à payer du 14/10/1429)

 

Ce qui prouverait que cet autre convoi, sous le commandement de Dunois, n'était pas entré dans la ville par voie de terre, à travers les bastilles de la rive droite de la Loire, mais au contraire, comme celui du 29 avril, que les blés descendirent encore par le fleuve.

Pour Jehan de La RUE, le chiffre relativement élevé de la dépense (sans doute s'agissait-il d'une auberge), montre que les "nottoniers" qui transportèrent les blés amenés le 4 mai étaient en assez grand nombre, et conséquemment que l'arrivage était considérable. Jehan ne fut payé qu'en octobre.

Remarques :

. Au 2°, plus haut, on a pu remarquer que Gilet GUERET avoit loué aussi son grenier au 4 mai, pour y mettre partie de la cargaison, car il est précisé "aux deux fois."

. Au 6°, on voit que Pierre NOVION resta 12 jours à mesurer et distribuer le blé aux habitants et à la garnison, ce qui donne du 30 avril jusqu'au 11 mai. Il était donc encore occupé à cette tâche pour l'arrivage du 4 mai, et même après la délivrance de la ville.

 

Le 7 mai au soir les Tourelles étaient reprises et, le 8, l'armée anglo-normande partit sans combattre, pour se replier sur Meung et Beaugency.

A Orléans, la joie régnait, et la liesse y était à son comble !

En effet, cela bougeait vite dans la cité : seulement huit jours auparavant, Jehanne la Pucelle était entrée dans la ville, qu'elle avait traversée pour aller loger chez son hôte, Jacques BOUCHER, le trésorier, et la délivrance était déjà effective.


Le 1er mai 1429, premier dimanche de Jehanne sur place, elle avait assisté à la messe, à Sainte-Croix.

Le même jour, Jacquet LEPRÊTRE, garde de la prévôté (son frère Jehan est le prévôt) est chargé de présenter à Jehanne, au nom de la ville, 7 pintes de vin à six deniers la pinte (environ 8 litres).

Le mardi 3 mai, dans la journée, avait eu lieu la Procession de la Vraie-Croix, qui avait traversé la ville. Le même Jacquet avait été chargé de payer deux sous parisis à ceux qui avaient porté les torches.

Ce même jour, les garnisons de Montargis, Gien, Château-Renard, du pays de Gâtinais, de Châteaudun, avec un grand nombre de gens de pied armés de traits et de guisarmes, étaient entrés dans Orléans pour contribuer à sa défense.

Raoulet de RECOURT, l'un des procureurs, est chargé de présenter à Jehanne "une belle alouse" (une alose, un poisson de Loire).

Et au soir, une armée conduite par Dunois, qui avait quitté Blois, vient après une marche forcée, passer la nuit à quelques lieues d'Orléans.


Le convoi et sa préparation

 

Le mercredi 27 avril 1429, nous l'avons vu, un convoi de vivres, de munitions et un corps d'armée quittaient Blois pour aller ravitailler et aider les assiégés d'Orléans, avec Jehanne la Pucelle en tête.

Le clergé marchait devant, chantant des hymnes, et les chariots tirés par des boeufs ne devaient pas cheminer bien vite.

66 voitures, 400 têtes de bétail, de l'artillerie, des armes, du blé, de la poudre, du salpêtre, des boulets, du vin et plusieurs milliers de traits et de flèches (celles-ci seront remboursées à Dunois).

Jehanne dira, à la séance de son Procès du 26 février 1431, que dix à douze mille hommes l'accompagnaient, chiffre fortement exagéré semble-t-il (voir plus loin).

 

Quelques jours avant la formation du convoi, on fit prévenir les assiégés par un nommé Jehan LANGLOIS, bourgeois d'Angers, de sa prochaine arrivée.

Ce sont les comptes de la ville d'Orléans qui nous apprennent ce détail, et la joie que cette heureuse nouvelle fit éprouver aux habitants et combattants de la ville.

Jehan LANGLOIS fut bien reçu, et la ville remboursa les frais de son séjour :

 

- "A Guillaume BASTIEN, hoste de l'Escu Sainct-Georges, pour despence faicte en son hostel par Jehan LANGLOIS, bourgeois d'Angiers, qui apporta lectres du blé que la roine (la reine) de Cécille (Yolande d'Aragon, belle-mère de Charles VII et reine de Sicile) avoit donné à la ville d'Orliens : 44 sous parisis.

- A Jehan MORCHOASME, ledit jour, pour despence faicte à donner à disner audit Jehan LANGLOIS, pour tous, présents les procureurs : 9 livres 10 sous parisis.

- A Raoulet de RECOURT(*) pour bailler audit Jehan LANGLOIS pour don que la ville luy fist, du consentement des procureurs, 10 escus d'or qui ont cousté chascun 44 sous parisis, valent : 22 livres parisis."

 

Jehan LANGLOIS a dû repartir content d'avoir accompli sa mission.

 

(*) Remarque : Raoulet de RECOURT, avec quatre autres notables d'Orléans, était parti à Janville, en Beauce au nord d'Orléans, en mai 1417, au devant d'Isabeau de Bavière, reine de France, épouse de Charles VI et mère de Charles VII (encore Dauphin), pour savoir quand celle-ci arriverait dans la cité, lors de son exil forcé, et demander que la troupe qui l'accompagnait ne logeât pas dans la ville, car on craignait des débordements. Il reçut pour cette mission 12 sols parisis.

Il était peut-être marchand de vin, car, avec Estienne GERME et Guillaume LIGIER, ils se partagèrent alors 15 livres 4 sols parisis pour 3 tonneaux de vin "qui furent présentés à ladicte royne".

 

Avant la formation de ce convoi, des Orléanais avaient été envoyés à Blois, pour acheter des armes, des munitions et des vivres (le blé fut payé par Yolande d'Aragon), et concourir à la prompte organisation de celui-ci :

 

- "A Geffroy DRION, d'Orliens, pour avoir vacqué par l'espace de vingt jours, en deux voiaiges qu'il a faiz d'Orliens à Bloiz pour recevoir et mectre en sauf le blé que la roine de Cécille avoit faict amener audit lieu de Bloiz pour la ville d'Orliens... et pour l'achat de certaine quantité de toilles à faire sacz à mectre le blé et sallepestre... et desquelles choses ledit Geffroy a baillé ses parties, comme il appert par icelles... : 70 livres 14 sols parisis."

 

Et aussi :

- "A Jehan Le Camus, pour bailler à Denis de La salle, pour trois procureurs envoiez à Bloiz pour le faict des blés... : 8 sols parisis.

- "A Jehan CAILLY, notaire, pour V seaulx de V procurations envoiées pour la ville de Bloiz, pour le faict du blé et des poudres... : 5 sols parisis."

(mandements et quittances des dépenses de commune, en 1429 et 1430)

 

Accompagnement du convoi  -  Comptes de Hémon RAGUIER


Compte n° 13 : Aux capitaines et chiefs de guerre cy après nommés - Ordre du 27ème avril, donné à Chinon... (un mot) et habillemens mener en la ville d'Orliens.

1- A monseigneur Gilles de RAIS, pour luy aidier à supporter les frais et pour assembler les capitaines et gens de guerre, et aussi pour 25 hommes d'armes et 11 archiers de sa compaignie : 895 livres.


2- A Gauthier de BOUSSAC, escuier, 40 hommes d'armes et 60 de traict : 680 livres.

A aultre fois audit Gauthier : 212 livres 10 sols.


3- A Archades de La TOUR, 26 hommes d'armes et 26 de traict : 325 livres.


4- A Jehan FOUCAUD, chevalier, 22 hommes d'armes et 20 archiers : 327 livres 10 sols.


5- A messire Ambroise de LORE, chevalier, 32 hommes d'armes et 33 archiers : 463 livres.


6- A Robert Le FEUVRE, archier, pour luy et 38 archiers : 140 livres.


7- A Thudual Le BOURGEOIS, escuier, 15 hommes d'armes et 11 archiers : 164 livres.


8- A Bertrand de La FERRIERE, et au Bastard de BEAUMANOIR, escuiers, 22 hommes d'armes et 28 archiers : 323 livres.


Total payé : 3.529 livres et 20 sols (probablement parisis).

 

En additionnant les hommes de cette troupe on trouve : 410 hommes.

A chaque homme d'armes : 1 page et 1 coutillier, soit : 182 x 3 = 546.

Archers et hommes de traits (arbalétriers) : 228.

SOIT : 774 combattants.

 

Compte n° 14 - Aux capitaines et chiefs de guerre cy après pour conduicte de vin et aultres nécessités pour l'avitaillement et fortification de la ville d'Orliens - Ordre du mois d'avril 1429 après Pasques (dont 1430).

 

1- A Gaston de LESGO, escuier, 25 hommes d'armes et 15 de traict, à 4 livres pour homme d'arme et 40 sols pour homme de traict : 90 livres.

 

2- A Arnaud GUILLOT de BOURG, 20 hommes d'armes et 20 hommes de traict, au même prix : 120 livres.

 

3- A Galardon de GOULARD, escuier, 20 hommes d'armes et 20 de traict : 120 livres.

 

4- A messire Rigaud de FONTAINES, chevalier, 15 hommes d'armes et 15 de traict : 90 livres.

 

5- A Alain GIRON, escuier, 30 hommes d'armes et 30 de traict : 180 livres.

 

6- A messire Louis de GAUCOURT, chevalier, 10 hommes d'armes et 20 de traict : 60 livres.

 

7- A Bertrand de TOULOUSE, escuier, 20 hommes d'armes et 20 de traict : 120 livres.

 

8- A Jehan GIRARD, escuier, 20 hommes d'armes et 20 de traict : 120 livres.

 

Soit un total de 320 hommes.

A chaque homme d'armes : 1 page et 1 coutillier, soit : 160 x 3 = 480.

Hommes de traict (archers et arbalétriers) : 160.

SOIT : 640 combattants.

 

Donc :

- compte n° 13 = 774 hommes,

- compte n° 14 = 640 hommes,

- l'amiral de CULANT = 200 hommes,

- le Bastard d'ORLEANS = 100 hommes,

- la "maison de Jehanne" = 12 hommes,

- les charretiers (60 charrettes x 2) = 120,

- le clergé et divers = ?

- autres troupes (duc d'Alençon...) = ?

 

D'après cette estimation, il semblerait que la petite armée partie de Blois avec Jehanne, pour accompagner le convoi, se composait de moins de 2.000 hommes.

On est loin des 10 et 12.000 !

Une grande partie repartira pour Blois, pour regagner plus tard Orléans (sans doute pour escorter le convoi du 4 mai).

Jehanne entrera dans Orléans avec 200 lances (environ 600 hommes) au soir du 29 avril 1429.

 

Ravitaillement amené :

- du blé,

- de la poudre,

- du salpêtre,

- du vin (le compte n° 14 nous l'apprend),

- des armes,

- de l'artillerie,

- des munitions et des traits,

- du bétail (400 têtes).

 

Itinéraire présumé de Blois à Orléans

 

VINEUIL - MONTLIVAULT - SAINT.DIE.SUR.LOIRE - MUIDES - NOUAN.SUR.LOIRE - SAINT.LAURENT.DES.EAUX (où ils auraient passé la première nuit) - LAILLY.EN.VAL - CLERY (où se fit sans doute la seconde halte) - puis par les bois de MAISONFORT se dirigèrent vers SAINT.CYR.EN.VAL (où ils passèrent le dhuy) pour atteindre, près de MELLERAY, la Loire qu'ils traversèrent à l'Ile-des-Bourdons, à la hauteur de Chécy.

 

 

 



 

 

 

 

 

 

Un acte de mariage... insolite !

Publié le 13/11/2009 à 17:26 par grandeetpetitehistoire

Un acte de mariage... insolite !

 

Village de Bugeaud, arrondissement de Bône, département de Constantine, Algérie.

Etat-civil : acte de mariage n° 6, 10 heures, le 28 août 1892.

 

Entre ARIBAUD Jean-Baptiste Pierre, 42 ans, rentier, né à Bône, veuf de Marie-Antoinette CRINQUANT,

Et : MARTIN Laurence Rose.

 

Le 28 août 1892, dans le village de Bugeaud, en Algérie, situé sur les contreforts du massif de l'Edough, eut lieu un mariage.... assez particulier, semble-t-il !

 

Le nouvel époux, Jean-Baptiste Pierre ARIBAUD, 42 ans, rentier, contracte mariage avec une jeune fille de 25 ans nommée Laurence Rose MARTIN, native d'Arles dans les Bouches-du-Rhône.

 

L'acte nous interpelle déjà sur le lieu où se déroule la cérémonie, et le motif :

 

"... le tout a été fait au domicile des conjoints, en raison de l'état de maladie bien établi de l'époux..."

 

Bon... il est malade !

Sont présents, outre le maire Sarro, qui a amené le registre, Pierre BOESSER, 48 ans, liégeur et conseiller municipal, LEYRONNAS Louis, 40 ans, le curé de la paroisse, et L'HOTE François, 42 ans, un cultivateur voisin.

On attend le quatrième témoin... qui n'arrive pas !

Et on écrit sur le registre :

 

"Ces trois témoins ont seuls concourru au présent acte; le quatrième témoin, prévenu pour la circonstance, n'ayant pu, par cas de force majeure, se présenter en temps utile.

Nous avons passé outre, vu l'urgence, la faiblesse de l'époux s'accentuant de plus en plus."

 

Hé ben....!

Le marié s'affaiblit d'instant en instant.

Il faut se dépêcher.

Mais tiendra-t-il le coup ?

On continue :

 

"... le présent acte a été signé par la comparante, les témoins, et Nous Maire. Et n'a pas signé l'époux ARIBAUD Jean-Baptiste Pierre, dont sa signature ne figure que sur le premier double, attendu que le susnommé, de plus en plus faible, s'est vu dans l'impossibilité de le faire. Signé : le maire Sarro."

 

On dirait bien.... que le nouveau marié est en train de trépasser !

Heureusement, le curé est aussi présent... au cas où il faille lui administrer l'extrême-onction !

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources diverses

Publié le 13/11/2009 à 18:59 par grandeetpetitehistoire

Liste non exhaustive.

 

En ce qui concerne Jehanne, Orléans et divers :

- Médiathèque Orléans, "documents précieux".

- Bulletins S.A.H.O.

- "Missions secrètes de Jehanne la Pucelle", P. de Sermoise, ed. Laffont.

- Comptes de la ville d'Orléans.

- Mandements et quittances des dépenses de commune, Orléans, 1429 et 1430.

- Comptes de Hémon Raguier, trésorier de Charles VII.

- "En suivant Jeanne d'Arc sur les chemins de France", M.F. Richaud et P. Imbrecq, ed. Plon.

- Bibliothèque Orléans.

- "Jeanne d'Arc", L. Fabre, ed. Taillandier.

Une "combine" utilisée au siège d'Orléans en 1429.

Publié le 13/11/2009 à 19:09 par grandeetpetitehistoire

Durant le siège d'Orléans, en 1428-1429, les assiégés utilisèrent une combine pour prévenir les possibilités de sape, sous les remparts, que pourraient employer les troupes anglo-normandes pour pénétrer dans la cité.

 

Depuis octobre 1428, la ville d'Orléans était assiégée par les troupes anglo-normandes.

Les assiégés tenaient les "Tourelles", forteresse située sur le pont, la bastille Saint-Laurent et d'autres bastilles et forteresses, encerclant pratiquement toute la cité.

 

A l'intérieur des remparts, les défenseurs, la milice locale et les habitants surveillaient sans cesse les mouvements ennemis. Une des grandes peurs était que l'on s'introduise dans la ville en creusant des souterrains par-dessous les remparts de fortification.

 

Les gens du guet organisaient des rondes fréquentes pour surveiller les murs, et tout le monde, en règle générale, avait l'oeil et l'oreille aux aguets pour tenter de déceler une activité de creusement et de sapement de la part des assiégeants.

 

Ils n'avaient pas tort, et la crainte était justifiée. En effet, les anglo-normands avaient fait venir sur les lieux du siège deux maîtres mineurs, qui se nommaient Blac EMOND et Richart CHOSELL.

Ceux-ci avaient reçu à Chartres, le 30 novembre 1428, une endenture (un contrat d'engagement), pour eux-mêmes et une équipe de trente huit mineurs. Les deux chefs étaient payés comme homme d'arme et leurs hommes au tarif des archers.

Le 13 janvier 1429, ils font une "montre" (revue militaire) à Orléans pour une partie de cette troupe. Voici le texte de la quittance de solde qu'ils reçurent :

Quittance de solde pour deux maîtres mineurs (payés comme lances à cheval) et 24 mineurs, au siège depuis le 12 janvier 1429, et dix autres depuis le 14. Au siège, le 18 janvier 1429 :

 

- "Saichent tuit que je, Blac Hémond, maistre mineur de l'ost du Roy(d'Angleterre) nostre seigneur, au siège devant Orliens, retenu par Mons. le Régent le royaume de France, duc de Bedfort, pour servir au siège, avec moi, Richart Choisel, mon compaignon, et trente huit aultres compaignons mineurs.

 

"Confesse avoir eu et receu de Pierre Sureau, receveur de Normendie, la somme de 179 livres 11 solz 8 deniers tournoys, pour le paiement des gaiges et regards de moy et de mon compaignon, comme lances à cheval, et 24 mineurs à gaiges d'archiers, d'un moys entier, commençans le premier jour de ce présent moys de janvier; et pour le paiement des gaiges de 10 aultres mineurs pour 18 jours restans et finissans le darrenier jour dudit moys de janvier, et dont j'ay faict monstres audit siège le 13ème jour dudit moys de janvier par devant Richart Waller et Guillaume Glasdal, à ce commis. De laquelle somme... En tesmoing de ce, j'ay scellé ceste quictance de mon seel, audit siège, le 18ème jour de janvier l'an mil cccc vingt-neuf."

(British Museum, add. ch. n° 11.618)

 

Il semble qu'ils restèrent au siège encore un troisième mois, et qu'ils partirent ensuite. En attendant, tant qu'ils furent là, les assiégés craignaient chaque jour une intrusion dans leur cité par des souterrains creusés par ces mineurs.

 

Le lundi 21 février 1429, à titre sûrement justifié, Jehan de Dunois, le "Bastard d'Orléans", et ses principaux officiers, craignant que les anglo-normands, qui paraissaient paisibles ce jour-là, ne cherchassent à s'approcher des murailles pour tenter de les renverser par la mine, en les sapant par en-dessous, fit pour la première fois l'usage du moyen qu'un nommé Robert Carré lui avait proposé pour s'en assurer.

 

Ce moyen consistait à placer en avant des murailles et des fossés, sur le terre-plein, plusieurs grands bassins en cuivre. Ces bassins étaient enfoncés à plusieurs pieds sous terre, à fleur du terrain et de distance en distance, et ensuite remplis d'eau jusqu'au bord.

On examinait si le liquide frémissait car, s'il en était ainsi, c'était une preuve qu'on travaillait sous terre; on n'avait rien à craindre si la surface de l'eau était calme !

 

Il fut payé 58 sous 8 deniers parisis à Naudin BOUCHARD, saintier (fondeur de cloches), pour la confection d'un certain nombre de "bassins à laver" et d'une "acarre" (équerre) pour s'assurer si les ennemis minaient, et si les murs ne perdaient pas leur aplomb.

(comptes de la ville d'Orléans, 1429 - Médiathèque Orléans)

 

Par ce stratagème "malin", cette sorte de "système D", on était ainsi certains que les ennemis ne se livraient pas à une activité de sape des remparts.

 

Il semble que ce moyen fut efficace; en tous les cas, il n'est fait mention, dans les récits et chroniques diverses concernant le siège d'Orléans, d'aucune tentative de ce genre de la part des assiégeants.

 

Comme quoi, avec un peu de "jugeotte" on peut résoudre bien des problèmes !

 

 

Le séjour de Gilles de Rais à Orléans

Publié le 13/11/2009 à 19:41 par grandeetpetitehistoire

Le séjour de Gilles de RAIS à Orléans - Sept. 1434 à août 1435.

Gilles de RAIS, tueur d'enfants et pédophile notoire (déjà !) était pourtant l'un des compagnons de Jehanne la Pucelle, particulièrement lors du siège d'Orléans, en 1428-1429. La Pucelle l'avait assez fortement marqué, pour qu'il dépense une fortune pour relater son histoire sur les lieux mêmes.

 

De septembre 1434 à août 1435, Gilles de RAIS séjournait à Orléans où il faisait représenter le "Mystère d'Orliens", qui fit jouer des centaines de personnes. Cette oeuvre (d'un inconnu ?) de 20.529 vers, coûta à Gilles plus de 80.000 écus d'or. Une fortune !

(Madame Régine Pernoux disait qu'il prit à sa charge "quelques tréteaux"!)

 

140 personnages défilaient sur scène, sur une sorte de podium installé près du pont, et les costumes ne devaient être portés qu'une seule fois !

Ce grand seigneur, compagnon de Jehanne la Pucelle, maréchal de France à 24 ans, fut aussi le plus sombre des tueurs et des pédophiles, et on lui fit un procès à Nantes, où il fut condamné à mort.

 

A Orléans, il dépensait sans compter, et les habitants regrettèrent son départ. Il se déplaçait avec une suite énorme, et avait même une "chapelle", avec chantres, chorale et chanoines, plus encore son imposante maison militaire.

Il fallut loger tout ce monde à Orléans.

 

Gilles était logé à l'hôtel de la Croix-d'Or, et son frère René de La SUZE au Petit-Saumon.

Doyen, dignitaires et chanoines de sa chapelle à l'Ecu de Saint-Georges. Les chantres chez Jehan FOURNIER, à l'Enseigne de l'Epée.

Les hérauts d'armes, le capitaine d'armes, quatre chevaliers, l'armurier, le trompette et leurs compagnons en quatre auberges : la Tête-Noire, le Grand-Saumon, la Coupe et l'Image de Sainte-Marie-Madeleine.

 

Ses serviteurs et ses valets en trois hôtels. Il avait fait garder ses chariots et loger ses chevaux à la Roche-Boulet et à l'Enseigne du Fourbisseur. Quelques auberges encore pour ses invités et le reste de sa suite.

 

Il y eut quelques problèmes avec la justice du duc d'Orléans, comme pour Noël Le Couturier, "serviteur de Monseigneur de Rais", qui fut alors condamné à une amende de 16 sous, "pource qu'Estienne Galu, sergent de Monseigneur le duc, naguières vouloit faire l'exécution, en l'ostel de la Teste Noire ouquel ledit Noël estoit logié, pour la taille de l'église, ledit Noël s'est adressé audit sergent et luy a dit qu'il n'estoit que pilleux et qu'il n'emporteroit rien dudit ostel, et tira sa dague et fist plusieurs aultres rebellions."

 

Gilles de RAIS, incapable de rembourser Jacques BOUCHER, trésorier du duc d'Orléans, à qui il devait 192 pièces d'or, "pour cause de prest à luy faict de nouvelles dettes et en oultre aultres sommes qu'il doit, tant en or et en argent comptant, comme en vins et aultres denrées... à paier avant que ledit seigneur parte d'Orliens", lui laissait en gage "ung cheval bayard à longue queue qui est ès mains de Colin Le Godelier, avecques ung cheval noir appelez Cassenoiz et huit chevaulx de harnois guernis de harnois."

 

On sait ce qu'il advint ensuite de Gilles. Sa fortune dilapidée, ses erreurs commises contre le clergé, et surtout les très nombreuses disparitions d'enfants et leurs meurtres sauvages, tout cela allié à la pratique de la sorcellerie et de l'alchimie, lui valurent son arrestation, sa condamnation à mort, après un procès dont la lecture soulève le coeur, et son exécution sur une île de la Loire, près de Nantes.

 

Il est curieux de constater que Jehanne fut amie de cet homme, dont elle ne soupçonnait certainement pas les dérives.

Jehanne avait marqué Gilles, et il lui vouait une affection particulière. Le charisme de celle-ci et le fait qu'elle ressemblait physiquement à un jeune garçon, un jeune page, y sont-ils pour quelque chose ?

 

Toujours est-il qu'à Orléans, après les évènements de 1428-1429, Gilles se souvint d'elle et fit jouer ce spectacle, durant pas mal de temps, sur les lieux mêmes des combats, risquant de se ruiner, et c'est d'ailleurs ce qui arriva. Il ne pouvait déjà plus rembourser au trésorier du duc les sommes empruntées.

 

Pour servir à l'histoire d'Orléans.

 

Sources :

. Médiathèque Orléans.

. Bull. S.A.H.O.

. Recherches personnelles.

La maison militaire de Jehanne

Publié le 13/11/2009 à 22:25 par grandeetpetitehistoire
La maison militaire de Jehanne

La maison militaire donnée à Jehanne par Charles VII se composait :


1° de deux pages, Louis de COUTES et un certain Raymond.

(déposition de L. de Coutes - Quicherat, III, p. 66)

 

2° d'un maître d'hôtel chargé spécialement de veiller sur sa personne, Jehan d'AULON, brave chevalier, renommé entre tous pour sa sagesse et sa prud'hommie.

(déposition de Dunois et de d'Aulon - Quicherat, III, p. 15 et 210)

 

3° d'un chapelain, frère PASQUEREL, moine augustin, que ses frères lui avaient présenté et recommandé à Tours, et qui ne la quitta plus, jusqu'à la fatale journée de Compiègne.

 

4° de Jehan de METZ et de Bertrand de POULENGY, qui l'avaient amenée de Vaucouleurs.

 

5° de deux hérauts ou messagers, GUIENNE et d'AMBLEVILLE

(Quicherat, III, p. 26 et 107)

 

6° de ses deux frères, Jehan et Pierre d'ARC, qui n'avaient pas tardé à la rejoindre et l'accompagnèrent pendant toute la durée de sa mission. Pierre fut fait prisonnier en même temps qu'elle, et dut sacrifier la dot de son épouse pour pouvoir payer sa rançon.

 

7° d'un clerc, nommé Mathelin RAOUL, qui paraît de plus avoir été, sous le nom de "Clerc de la Pucelle", attaché à la suite de Jehanne, pour subvenir à ses dépenses.

(13ème compte d'Hémon Raguier, trésorier des guerres de Charles VII - Quicherat, V, p. 265 et 267)

 

Donc 11 personnes, qui suivaient et protégeaient Jehanne et veillaient à l'intendance.

 

 



 


Le fiancé de Jehanne

Publié le 13/11/2009 à 22:39 par grandeetpetitehistoire

Vers la mi-juillet 1428, Domrémy fuit devant les soldats.

 

La famille de Jehanne part à Neufchâteau, chez Jehan de Waldaires, qui y tenait une auberge avec sa femme dite "la Rousse". Ils y passèrent environ 15 jours.

 

On pense qu'ils étaient en famille. La Rousse se faisait aider de Jehanne pour les soins de la maison.

Là, à Conrardin (ou Gérardin) DESPINAL (époux d'Isabelette), Jehanne dit un jour, parlant de son avenir :

 

- "Si vous n'étiez pas Bourguignon, je vous dirais quelque chose."

 

Celui-ci crut qu'il s'agissait d'un projet de mariage entre Jehanne et quelqu'un de ses voisins. Il en parle aux parents.

Un jeune homme, assez timide pour ne pas s'être déclaré aux parents, et assez sot pour avoir cru à un acquiescement de Jehanne, se révéla. Il prétendit que Jehanne lui avait engagé sa foi.

 

Jehanne nia. Ses parents l'engagent à se marier : elle refuse tout net !

 

Le jeune homme l'assigne devant l'Official, tribunal ecclésiastique siégeant à Toul, et qui décidait de tout en ce qui concernait les fiançailles et les mariages.

Jehanne se présenta. Elle se défendit si bien, sans larmes ni trouble, qu'elle gagna le procès, déclarant qu'elle "ne lui avait rien promis."

 

Assez étrangement, le jeune homme, avant le prononcé de la sentence, était mort.

 

Cette histoire était peut-être "pilotée" par le père, Jacques d'Arc, pour empêcher Jehanne de partir "à la guerre"; car pour lui, une femme à la guerre voulait dire une "ribaude", une femme de mauvaise vie.

 

On sait qu'il avait dit que, dans ce cas, "il aurait préféré la noyer !"

 

Taciturne et dur, il aimait sans doute Jehanne comme sa fille, et voulait sûrement ainsi la sauvegarder.

Mais les liens ne furent pas rompus, car on sait qu'il était à Reims au moment du Sacre de Charles VII, et qu'il y séjourna plus d'un mois, et reçut une somme de Jehanne, donnée par le Roi.

 

 

 

 

 

 

Jehanne a de la réplique !

Publié le 13/11/2009 à 22:57 par grandeetpetitehistoire

Alors que Jehanne, à Vaucouleurs, attendait d'être reçue par Robert de BAUDRICOURT, elle logeait, avec son "oncle" LAXART (en fait un cousin par alliance) chez Henri le CHARRON (le royer comme on disait alors), dont la femme, Catherine, lui témoignera bientôt une grande amitié.

 

BAUDRICOURT hésitait.

Un jour, il lui demanda ce qu'elle ferait après le sacre :

 

- Jehanne : "je me marierai"

 

- Baudricourt : "et tu auras beaucoup d'enfants ?"

 

- Jehanne : "trois, messire."

 

- Baudricourt : "trois ? et qu'en feras-tu ?"

 

- Jehanne : "l'un sera roi, le second pape, le troisième empereur."

 

Le capitaine y vit du badinage, et enchaîna :

 

- Baudricourt : "puisqu'ils seront si grands personnages, je voudrai bien t'en faire un. J'en vaudrais mieux ensuite."

 

- Jehanne : "nenni, gentil Robert, nenni. Il n'est pas temps. Le Saint-Esprit y oeuvrera."

 

Lucien FABRE, auteur de "Jeanne d'Arc" (Taillandier - 1978) qui rapporte la scène, pense ainsi de cette répartie, que Jehanne, épouse de Dieu, avait fait voeu de religiosité, mais que, consultée par les Grands, et d'autres personnages comme celle qui deviendra Sainte Colette de Corbie, elle traiterait en fils le roi, le pape et l'empereur, et rétablirait la paix spirituelle après avoir rétabli la temporelle.


Jehanne à Tours

Publié le 13/11/2009 à 23:12 par grandeetpetitehistoire

La Pucelle va compléter son équipement à Tours (1). Tours était au moyen-âge une ville fort industrieuse, centre de tous les métiers de l'époque. Elle y séjourne en avril 1429, en l'hôtel de Jehan du PUY (2), conseiller de la reine Yolande d'Aragon, duchesse d'Anjou et de Touraine; la femme de Jehan du PUY, Eléonore de la PAU, était dame d'honneur de la reine Marie d'Anjou.

 

Jehanne y essaie l'armure que lui confectionne Colas de MONTBAZON (3), tandis que l'exécution de son étendard, dont les saintes conseillières ont dicté l'ornementation, est confiée, avec celle du pennon, au peintre écossais Hamish POWER (souvent nommé par corruption Hennes POLVOIR) (4).

 

Ce n'est pas l'épée offerte par le roi qu'elle ceindra. Ses Voix lui avaient révélé le glaive libérateur enfoui dans le sol de la petite chapelle de Sainte-Catherine-de-Fierbois où elle avait vénéré la sainte en se rendant à Chinon.

A l'endroit indiqué, près de l'autel, on le découvre couvert de rouille. Mais à peine l'a-t-on frotté qu'il brille d'un bel éclat et cinq petites croix apparaissent sur l'écusson.

 

Jehanne la Pucelle a maintenant rang de chevalier.

 

(1) Chinon et Tours, elle traversa les "Landes de Miré". Jadis Charles Martel y avait engagé victorieusement la bataille qui devait libérer la France et la Chrétienté. Refoulant les Arabes jusqu'à Poitiers où s'acheva leur défaite, il déposa son épée dans la chapelle de Sainte-Catherine-de-Fierbois.

 

(2) Jehan du Puy possédait deux maisons : l'une, rue Briçonnet, n° 16; l'autre au n° 15 de la rue Paul-Louis Courrier, où s'élève aujourd'hui un hôtel XVIIIème siècle portant la plaque du cinquième centenaire (jusqu'en juin 1940).

 

(3) Colas de Montbazon habitait Grande Rue (aujourd'hui rue Colbert, n° 39), quartier de la cathédrale. Une enseigne en ferronnerie moderne figurant la Pucelle armée signale la maison.

 

(4) Au n° 32 de la rue du Président Merville (qui donne dans la rue des Halles), une plaque indique que Hamish Power habitait cette rue (enseigne de ferronnerie portant les armes de Jehanne).

Dans le même quartier (angle de la rue des Halles et de la rue Marceau) une petite statue de Jehanne, debout, en plein harnois, tenant son épée, marque l'emplacement de l'église des Augustins où vint prier la Pucelle et dont une porte et quelques fragments ont subsisté dans la maison angulaire jusqu'en juin 1940.

 

Extrait de "En suivant Jeanne d'Arc sur les chemins de France", de M.F. Richaud et P. Imbrecq, librairie Plon, Paris, 1956.